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Données IoT : de la passerelle embarquée au système d’information
Fin 2021, Lianeo a fait l’acquisition d’une société de conseils, TO B SERVICES, pour une raison simple : nos clients ne nous parlaient plus seulement de leurs terminaux embarqués, mais aussi des données IoT qu’ils produisent. Une fois la passerelle ou le capteur livré, la question devient : où stocker ces données, comment les fiabiliser, comment les rendre lisibles pour les métiers. Plutôt que d’improviser une compétence SI, nous avons choisi de reprendre une société qui en faisait déjà son métier, avec des commerciaux et des recruteurs spécialisés. C’est ce qui nous permet aujourd’hui de répondre à la fois sur l’embarqué et sur les besoins SI qui l’accompagnent.
Le terminal est livré, la question des données IoT commence
Prenons une passerelle IoT, le cas qui revenait le plus souvent. Côté embarqué, c’est notre terrain : un Linux embarqué, des pilotes radio pour parler aux capteurs, une gestion fine de l’énergie et de la mémoire, une mise à jour à distance qui ne doit jamais bloquer l’équipement. La passerelle collecte les mesures et les remonte, souvent avec un protocole léger comme MQTT, il en existe de nombreux autres.
Mais le travail ne s’arrête pas au bout du câble. Une fois les messages publiés, il faut un serveur pour les recevoir, une base pour les stocker, des règles pour écarter les mesures aberrantes, des API pour les exposer, des tableaux de bord pour les interpréter, et une exploitation qui surveille le tout. Ce sont des sujets de système d’information, avec d’autres interlocuteurs, d’autres outils et d’autres profils que ceux du firmware.
Les deux mondes se tiennent pourtant par des détails très concrets. Si la passerelle perd sa connexion pendant une heure, garde-t-elle les mesures en file locale et les rejoue-t-elle à la reconnexion ? Qui horodate la mesure : le capteur, la passerelle ou le serveur ? Que fait la plateforme d’un message reçu deux fois ? Chacune de ces réponses se décide à la fois dans le firmware et dans le SI. Quand deux équipes séparées les tranchent chacune de leur côté, les incohérences apparaissent dans les données, souvent des mois plus tard.
Nos clients nous posaient ces questions parce que nous connaissions leur produit de l’intérieur. Ils savaient que nous comprenions le format des trames, les cadences de remontée, les cas de perte de connexion. Il leur manquait un partenaire capable de prolonger ce savoir jusqu’à la donnée exploitée.
Pourquoi reprendre une société plutôt que créer une équipe SI
Monter une offre SI de zéro aurait été possible, mais lent. Le SI ne se vend pas aux mêmes interlocuteurs que l’embarqué : on y parle davantage à une direction des systèmes d’information qu’à une direction R&D. Il ne se recrute pas non plus dans les mêmes viviers : les ingénieurs systèmes, réseaux, développement ou data fréquentent d’autres communautés, d’autres jobboards et d’autres écoles que les ingénieurs firmware.
TO B SERVICES apportait exactement ce qui nous manquait : une activité SI déjà en place, des commerciaux qui connaissaient ces acheteurs et des recruteurs qui connaissaient ces profils. La reprise nous a fait gagner plusieurs années de construction, et elle nous a évité de demander à des spécialistes de l’embarqué de vendre ou de recruter sur un terrain qui n’est pas le leur.
Une frontière entre embarqué et SI qui s’est déplacée
Depuis 2021, la frontière entre le terminal et le système d’information s’est encore resserrée, sous l’effet de deux mouvements.
Le premier est la sécurité. Dans ses recommandations relatives à la sécurité des systèmes d’objets connectés, publiées en 2021, l’ANSSI rappelle que ces équipements disposent souvent de ressources de sécurité limitées et de capacités de mise à jour réduites, voire nulles. La protection se pense donc à l’échelle du système entier : ce que l’objet ne peut pas porter, la passerelle, le transport et la plateforme doivent le compenser.
Le second, plus récent, est réglementaire. Le règlement (UE) 2023/2854, dit Data Act, s’applique depuis le 12 septembre 2025. Il donne aux utilisateurs le droit d’accéder aux données générées par leurs objets connectés et de les partager avec des tiers. Pour un fabricant, organiser cet accès suppose de concevoir ensemble ce que l’équipement produit et ce que le SI expose.
Dans les deux cas, traiter l’embarqué et le SI comme deux lots séparés, confiés à deux prestataires qui ne se parlent pas, devient un risque.
Ce que la reprise change pour nos clients aujourd’hui
Concrètement, un client qui développe un produit connecté trouve chez nous les deux moitiés du sujet :
- côté embarqué : le logiciel de la passerelle ou du terminal, les pilotes, la connectivité, la mise à jour à distance ;
- côté SI : la réception et le stockage des données, les applications et les API qui les exploitent, l’infrastructure et son exploitation ;
- entre les deux : la définition du format des données et des interfaces, là où naissent la plupart des malentendus entre équipes.
Nos équipes commerciales et de recrutement couvrent les deux viviers, ce qui permet de composer une équipe mixte sur un même projet plutôt que d’enchaîner deux consultations. Et pour les clients venus d’abord pour leur SI, l’expertise embarquée de Lianeo reste disponible le jour où leurs propres équipements entrent dans le périmètre.
La reprise de TO B SERVICES a donc permis à Lianeo de suivre la donnée là où elle va : du capteur jusqu’à la décision.
Sources et liens utiles
/* Pour aller plus loin · Découvrir la branche SI */
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FAQ · ARTICLERÉV. 10.26
Qu'est-ce qu'une passerelle IoT ?
C'est l'équipement qui fait le lien entre des capteurs ou des objets proches, souvent reliés par une radio courte portée, et une plateforme distante. Elle collecte les mesures, les met en forme, peut les filtrer ou les agréger localement, puis les transmet au système d'information. C'est un point clé de la sécurité de tout le système.
Le Data Act concerne-t-il les fabricants d'objets connectés ?
Oui. Le règlement (UE) 2023/2854, applicable depuis le 12 septembre 2025, donne aux utilisateurs le droit d'accéder aux données générées par l'usage de leurs objets connectés et de les partager avec des tiers. Pour un fabricant, cela touche à la fois ce que l'équipement collecte et la manière dont le système d'information met ces données à disposition. L'analyse de conformité relève d'un juriste ; la mise en œuvre technique, elle, mobilise l'embarqué et le SI ensemble.
Pourquoi faire travailler ensemble ingénieurs embarqués et SI sur un projet IoT ?
Parce que la plupart des problèmes d'un projet IoT naissent à la frontière : un format de données mal défini, une cadence de remontée que la plateforme ne supporte pas, une mise à jour qui casse une interface. Quand les deux équipes conçoivent ensemble le format des données et les interfaces dès le départ, ces écarts se voient sur le plan et pas en production.
Publié le 19.10.2026 et écrit par
Laurent Puig
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